C’est dans l’effervescence de l’atelier de l’artiste Daté Kodjo Amouzou que le projet « La Sève Parlante 2026 » a été officiellement lancé ce mardi 10 février 2026 à Lomé. Sous le thème évocateur « Jusqu’à ce que la sève ne brûle », cette résidence internationale réunit quinze artistes venus de douze pays pour transformer l’urgence climatique en un geste créatif et solidaire.
Face à l’érosion des sols, à la déforestation et à la pollution plastique, l’art ne peut plus rester muet. C’est le constat de départ de Daté Kodjo Amouzou, initiateur du projet et figure de proue de la scène artistique togolaise. Accompagné du curateur et chercheur Steven Coffi Adjaï, il a dévoilé lors de la rencontre avec la presse les contours d’une initiative qui mêle esthétique, anthropologie et engagement citoyen.
Cette initiative, organisée par l'Association Amouzou Fondation (AFA), vise ainsi à sensibiliser les artistes et le public aux enjeux environnementaux et à promouvoir l'art comme outil de transformation sociale.
Kpalimé, épicentre de la création durable
Dès aujourd’hui et jusqu’au 25 février, les treize artistes sélectionnés (rejoints par deux invités additionnels) s’installeront à l'Hôtel du 30 Août à Kpalimé. Durant deux semaines, ils exploreront la métaphore de la « sève » — cette essence vitale des plantes — pour interroger la fragilité de notre écosystème.
« La sève, c’est l’essence vitale qui permet à un être d’exister. L’urgence environnementale demande que nous soyons attentifs à la santé de la terre », a expliqué Daté Kodjo Amouzou.
Le projet ne se limite pas à la peinture. Les artistes, dont Agemo Francis (Nigeria), Xolani Sivunda (Afrique du Sud) et Sika Akpaloo (Togo) présents lors de la conférence de presse ont exprimé leur fierté de prendre part au projet et de partager leurs expériences. Ils auront carte blanche : sculpture par assemblage, installations à partir de déchets, performances sonores, vidéo et céramique.
Un pont entre art, éducation et social
« La Sève Parlante » se décline en trois piliers stratégiques. La Résidence, un espace de création pure pour repenser les matériaux de récupération; la Master Class avec des ateliers destinés au jeune public et aux créateurs émergents pour transmettre l'importance du recyclage et de la mémoire africaine. L’Exposition-Restitution est une vitrine itinérante qui débutera à Lomé avant de s'envoler pour une tournée internationale d'un an (biennales et galeries).
Le volet social est au cœur de la démarche via la fondation Amouzou Fondation Association (AFA). Une partie des recettes issues de la vente des œuvres sera directement réaffectée à des actions concrètes : accès à l’eau potable, santé des personnes âgées et soutien aux enfants déscolarisés, non seulement au Togo mais aussi au Bénin et au Ghana.
Une utopie écologique nécessaire
Le curateur Steven Coffi Adjaï, spécialiste des « utopies écologiques », souligne que les artistes sont les mieux placés pour porter ce discours de rupture. En s'appuyant sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU, le projet ambitionne de sensibiliser les communautés locales, notamment à travers des visites d'ateliers et des rencontres dans le Grand Kloto.
Placé sous le parrainage du Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, « La Sève Parlante 2026 » s'annonce déjà comme un jalon crucial pour l'art contemporain africain, prouvant que la création peut être un moteur puissant de résilience et de transformation sociale.
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire