La Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), dont le traité fondateur a été signé à Lagos le 28 mai 1975, célèbre son jubilé d’or cette année, alors même que le Parlement communautaire, institué par le Traité révisé de 1993 et inauguré en novembre 2000, célèbrera son jubilé d’argent. Réuni depuis le 3 mars dernier à Lagos, au Nigéria, dans le cadre de sa 1ère session extraordinaire, le parlement de la CEDEAO a organisé les 3 et 4 mars 2025 un séminaire parlementaire dans le but de capitaliser sur les 50 ans de l'institution et les 25 ans de son Parlement. Des décideurs politiques, des acteurs de la société civile et des experts en intégration régionale y ont pris part.
Il s'agit de réfléchir sur les avancées réalisées et les défis à relever pour assurer une intégration régionale effective. Pour l’honorable Hadja Mémounatou Ibrahima, présidente du parlement communautaire, il convient de dresser le bilan et de faire des projections.
« Depuis sa création, la CEDEAO a joué un rôle central dans le développement économique, la paix et la sécurité de notre région. Après cinquante ans, il nous semble que le moment est venu de marquer une pause et de faire le bilan, d’interroger nos choix, nos objectifs, notre gouvernance et notre fonctionnement. La CEDEAO est indubitablement l’une des meilleures Communautés Économiques Régionales de l’Afrique, au regard de ses multiples réalisations dans plusieurs domaines, notamment le maintien de la paix et de la sécurité, l’intégration économique et en matière d’infrastructure », a-t-elle déclaré.
Ainsi, après avoir dressé un bilan sommaire des acquis de la communauté, caractérisé par des réalisations tangibles, depuis Lagos, l’honorable Hadja Mémounatou Ibrahima appelle à des réformes substantielles pour une CEDEAO forte, solidaire et inclusive, pour prendre en compte la nouvelle donne marquée par le départ des pays de l’AES de la CEDEAO, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger : « Au sujet du retrait des trois pays frères, il est essentiel que le Parlement continue à œuvrer pour une CEDEAO forte, solidaire et inclusive. Nous devons donc retenir que ces événements font partie des mutations de l’histoire. La CEDEAO, après un demi-siècle d’existence, doit faire sa mue en opérant des réformes substantielles dignes des défis auxquels elle fait face et des perspectives qui s’offrent à elle. Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons faire preuve de résilience. Nous devons nous engager à œuvrer pour une réconciliation durable et un retour à l'unité régionale. Nous avons une responsabilité envers nos citoyens, envers nos jeunes générations et envers l'avenir de l'Afrique de l'Ouest ».
La CEDEAO a été fondée le 28 mai 1975 avec l'objectif de promouvoir la coopération économique et sociale entre les États membres, tandis que le Parlement de la CEDEAO, institué par le Traité révisé de 1993 et inauguré en novembre 2000, vise à renforcer la démocratie et la gouvernance dans la région. Ce séminaire a été une occasion de réfléchir sur les réalisations de ces institutions au cours des cinq dernières décennies et d'envisager des stratégies visant à galvaniser les efforts d'intégration régionale.
Avec la présence du gouverneur de l'État de Lagos et de personnalités éminentes, cet événement a mis en lumière l'importance de l'engagement politique dans le processus d'intégration. Les discussions ont porté sur deux thèmes de communication. L’un intitulé « Aperçu général de la CEDEAO de 1975 à 2025 » et l’autre « Évolution de la CEDEAO de 2000 à 2025 et son passage à un parlement directement élu » ont eu lieu sous le regard attentif de la présidente du parlement qui a assuré la police des débats.
Aussi, deux panels de discussions ont été organisés. Le premier portait sur : Réformes opérationnelles de la CEDEAO pour faire progresser l’intégration régionale et la pérennité de la communauté et le second : Stratégies pour édifier un parlement communautaire axé sur les citoyens, les deux ayant pour modérateur le journaliste togolais Gaétan Kpadjéba.
Ces communications et panels ont été l’occasion pour les parlementaires de faire une introspection du fonctionnement des deux institutions et de proposer des approches de solutions pour la résolution des problèmes qui sapent l’intégration sous-régionale. Ils n’ont pas occulté la nécessité de lutter contre les propos discourtois de certains parlementaires qui frisent des insultes et attaques à l’endroit des dirigeants. Tout en le regrettant, ils affirment prendre désormais leur responsabilité pour accorder aux chefs d’États, le respect dû à leur rang.
Autres activités au programme de ce séjour de Lagos : l’adoption du plan annuel de travail et l’organisation du forum de l’association des femmes parlementaires (ECOFEPA).
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